Méditation quotidienne du dimanche 5 mai : Choix d’Amour (No 231 – série 2023-2024)

Évangile du dimanche 5 mai 6e dimanche de Pâques (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » Jn 15, 9-17

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation

L’Évangile d’aujourd’hui reprend celui de jeudi en y ajoutant quelques versets, comme si la liturgie voulait que l’on s’y attarde et qu’on le digère à petites doses. Et cela est bien sage ! car, devant le contenu de ce message, nous sommes complètement dépassés. Il rend fou la simple logique humaine et fait scandale. Même s’il est l’antidote à tous nos malheurs, on se dit bien tristement « c’est trop beau pour être vrai » et, comme le jeune homme riche, on repart tout aussi tristement. Car la condition, comme le disait Jésus à ce jeune homme, est de quitter toute richesse pour ne choisir que Dieu, car Dieu seul suffit.

La Vie et l’Amour sont des choix. Jésus nous l’enseigne dans cet Évangile : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez ». Soupesons bien ces paroles : « je vous ai choisis ». Oui, cet Amour du Fils (« moi aussi je vous ai aimés ») reçu du Père (« comme le Père m’a aimé ») n’est pas une espèce d’Amour indistinct mais un choix d’Amour, par Amour, une alliance unique et personnelle avec le Dieu vivant. Chacun.e est choisi.e comme réceptacle de cet Amour. Pour Dieu donc, choisir signifie se donner entièrement d’Amour à chacun.e. Il n’est pas un emprisonnement mais l’ultime libération, car ce choix nous conduit aux sources de la Vie et de l’Amour, où rien ne nous manque, car tout nous est donné. Ici, Dieu seul suffit. Il est le seul trésor.

C’est pourquoi ce choix est une élection, c’est-à-dire que Dieu attend de nous une chose fort simple : que nous le choisissions à notre tour. Et choisir, c’est se donner entièrement, à sa manière, à Lui. C’est tout donner et, dans ce don, rien de toutes nos attaches mondaines ne peuvent subsister pour elles-mêmes, car sa règle à Lui est celle d’un Amour qui doit tout embrasser : « Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres ».

Si l’Amour entre Dieu et chacun.e de nous est infiniment personnel, ce personnel est universel, c’est-à-dire qu’aimer ne peut être une exclusivité mais une pandémie. Je ne peux aimer Dieu sans m’aimer et sans aimer mon prochain. Sans que cet Amour se répande de nous sur toutes et tous. Car Je en Dieu est un nous et que je en nous doit l’être également, car, de par Dieu, nous sommes toutes et tous, les uns dans les autres.

Choisir est donc préférer Dieu, préférer la Vie, l’Amour, la Vérité, etc. C’est de poser au centre de tout ce que nous vivons Dieu et l’alliance d’Amour que nous avons avec Lui. Et, ici, pour le vivre, il nous faut saisir d’abord que la Vie et l’Amour de Dieu traversent tout, habitent tout, que « Dieu est tout en tous » (1 Cor 15, 28)… mais Il attend de nous notre choix. La conséquence est qu’il nous faut, pourrait-on dire, vivre en sens contraire de nos habitudes, à savoir que, comme nous choisissons, nous pensons que c’est à nous de tout mener et de tout contrôler. La révolution de l’appel que Jésus nous fait est de nous redire : comme tout en vous vient de Dieu, comme je suis vivant en vous, que cet Amour qui est en vous trouve sa provenance dans une unique source le Père et que j’en suis le Sourcier, laissez-moi aimer par vous, laissez-moi choisir le Père pour vous, laissez-moi le prier pour vous, laissez-moi accomplir ma mission par, avec et en vous, etc.

J’insiste : qui, lorsqu’il se met à prier Dieu, ne s’évertue pas à s’élancer d’efforts vers Lui; mais tout ce qu’il faut faire est de laisser Dieu prier en nous. Ceci signifie laisser le Fils aimer le Père dans l’Esprit par, avec et en nous, laisser le Père aimer dans l’Esprit le Fils par nous et laisser l’Esprit nous unir à Lui pour être unis au Père et au Fils. 

Au cœur de la prière ou au cœur de l’action, la recette est la même. Le choix de Dieu sur nous est qu’Il ne veut rien faire, pour ne pas dire rien être, sans nous, et, quand nous le choisissons, nous lui disons que nous ne voulons rien faire et rien être sans Lui. Ce n’est que dans cette dynamique que nous pouvons porter du fruit, un fruit d’éternité, et que « tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera ».

Et au terme, cela signifie que nous sommes vraiment les amis.es de Dieu et, dans cet admirable échange, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Stéfan Thériault (stheriaut@lepelerin.org)

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