Méditation : « Mon ami, prête-moi trois pains… » (No 11)

Évangile du jeudi 7 octobre (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Demandez, on vous donnera » Lc 11, 5-13

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Méditation

Dans la première partie de l’évangile, la demande est mal reçue… elle est même refusée d’emblée. Il est trop tard… l’ami dont il est question ici est déjà couché, ses enfants dorment, et il ne veut pas se lever.

Mais Jésus poursuit en disant que cet ami va finalement acquiescer et donner le pain demandé… parce que celui qui demande est « sans vergogne », sans gêne, effronté.

C’est Luc encore qui nous présentera (ch. 18, 1-8) une veuve obstinée qui demande justice à un juge « qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. »

De la même manière, le juge va finalement lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus l’assommer, l’importuner sans cesse.

Ce qui frappe ici c’est la détermination des demandeurs. Ils demandent malgré tout, malgré les conventions, malgré l’indifférence, malgré la fermeture de ceux qui peuvent répondre.

Que veut me dire Jésus à travers ces personnages obstinés, sans gêne presque effrontés ? Pour moi, c’est d’abord de consentir à la réalité de ma demande et de la porter avec persévérance. L’ami endormi et le juge misanthrope sont des images de ce qui en moi est endormi ou fermé à la vie. En fait, des dimensions de moi qui s’opposent à faire de moi un « demandeur ». La grande tentation qui pèse sur l’ami et la veuve c’est de se mettre de côté, de renoncer à obtenir le pain ou la justice et de « s’arranger » seul.

Demander c’est faire connaître à une autre personne ce que je désire, ce dont j’ai besoin pour rester en vie, dans la vie. Demander c’est me rendre vulnérable parce que toute demande part d’un manque, d’un besoin, d’une nécessité.

Elle s’enracine dans la pauvreté fondamentale de mon humanité, qui dès les premiers moments de vie, est en « demande » … Elle comporte l’espoir de passer d’un état de manque à la satisfaction d’un besoin; au soulagement d’une douleur, d’une souffrance; à combler le cœur de plénitude… Si je demande, c’est que je dépends, en quelque sorte, des ressources de l’autre.

Nous sommes tous des demandeurs… personne n’est tout pour lui-même… la présence de l’autre est un ingrédient essentiel de la vie. Sans l’autre, je ne peux exister. Mon existence dépend de la réponse de l’autre, de sa présence, de sa bienveillance. Inversement, je suis réponse et présence pour l’autre. Sans ma présence, ma bienveillance, la vie de l’autre est en manque… Je suis le pain de l’autre comme l’autre est le pain de ma vie… 

Mais dans le deuxième segment de l’Évangile, Jésus nous invite non seulement à la persévérance, mais à la confiance.

Demandez… et on vous donnera…

Jésus nous présente la figure bienveillante du Père qui n’est qu’Amour (comme le dit si bien le Père Varillon) et qui ne peut refuser ce qui est nécessaire à chacun au plus profond de son existence… l’Esprit-Saint.

En nous présentant cette figure du Père qui répond à notre demande la plus fondamentale, Jésus nous fait entrer dans l’intimité de la dynamique trinitaire où nous sommes invités à vivre.

En terminant, je ne peux m’empêcher de faire écho à l’Évangile de Jean (17, 26) :

« Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Pierre-Marie Cotte (pmcotte@lepelerin.org)

PRIÈRE

J’ai demandé à Dieu

J’ai demandé à Dieu la force pour atteindre le succès :

Il m’a rendu faible pour que j’apprenne humblement à obéir.

J’ai demandé à Dieu la santé pour faire de grandes choses :

Il m’a donné l’infirmité pour que je fasse des choses meilleures.

J’ai demandé la richesse pour pouvoir être heureux :

Il m’a donné la pauvreté pour pouvoir être sage.

J’ai demandé la puissance pour obtenir l’estime des hommes :

Il m’a donné la faiblesse pour que j’éprouve le besoin de Dieu.

J’ai demandé un compagnon pour ne pas vivre seul :

Il m’a donné un cœur pour que je puisse aimer tous mes frères.

J’ai demandé toutes les choses qui pourraient réjouir ma vie :

J’ai reçu la vie pour que je puisse me réjouir de toutes choses.

Je n’ai rien eu de ce que j’avais demandé,

Mais j’ai reçu tout ce que j’avais espéré.

Presque en dépit de moi-même,

les prières que je n’avais pas formulées ont été exaucées.

Je suis parmi les hommes le plus richement comblé.

Hans Viscardi, personne Handicapés américains

Source : http://www.cursillos.ca/priere/choixdeprieres/pere/JAiDemandeADieu.htm

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