No 194 – série 2024-2025
Évangile du vendredi 4 avril – 4e semaine de Carême
Tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions
« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7, 1-2.10.14.25-30)
En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.
Méditation – L’identité filiale
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Saint Jean met en lumière les incertitudes des Juifs quant à la provenance de Jésus. Ils pensaient que l’identité du Messie resterait inconnue, alors qu’ils reconnaissaient Jésus en tant que Jésus de Nazareth. Ils n’ont pas compris la nature divine de Jésus, ce grand mystère de la foi. Le refus d’accepter cette réalité provoque le conflit avec le Christ.
Cependant, Jésus aborde sans détours ses racines. Il insiste sur son identité propre : sa provenance divine. Il est le Fils de Dieu, issu du Père, ce qui confère autorité et crédibilité à sa mission : « Je ne suis pas venu de moi-même ; mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » (Jn 7, 28-29). Selon Saint Jean, Jésus agit librement en accomplissant la volonté du Père, et il ira jusqu’à se rendre à ses ennemis quand viendra son « heure » (Jn 18,4-8).
Face au mystère dévoilé par Jésus, on peut réagir de deux manières : adhérer à sa parole et l’accepter, ou juger qu’il s’agit d’un sacrilège et le condamner à mort. L’amour divin se révèle paradoxal lorsqu’il pousse Jésus à se consacrer même pour ceux qui l’ont crucifié.
En méditant les paroles concernant l’origine de Jésus, je me rappelle l’autre passage de la Bible dans lequel saint Paul souligne notre filiation à Dieu dans le Christ : « Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence » (Ep 1, 4-8).
En effet, toi et moi, nous appartenons à Dieu ! Nous avons une provenance divine. Nous venons de Dieu et notre trajet nous mène vers Dieu. C’est une vérité importante de notre vie, qui a un impact de grande portée sur nous-même et sur les sociétés.
En examinant la situation actuelle à l’échelle mondiale, nous constatons le grand nombre de personnes qui perdent la vie en raison de guerres, de conflits ou en raison de leur engagement chrétien et de leur loyauté envers Christ. Si l’on se penche sur une période plus proche, le siècle dernier regorge de crimes contre l’humanité pendant les deux guerres mondiales, l’holocauste ou des famines délibérées. Pourquoi cela nous arrive-t-il ? Car l’homme dépouille l’homme de son origine divine. Quand nous négligeons cela, nous avons fréquemment tendance à franchir les frontières de la justice, de la dignité et de la décence humaine.
La guerre, qui cause de nombreuses pertes humaines et la destruction de l’environnement, commence toujours dans le cœur humain. Examinons aujourd’hui notre cœur pour comprendre ce qui s’y déroule. Il s’agit surtout de la manière dont nous traitons ceux que nous n’aimons pas, ceux qui nous ont peut-être fait du tort ou agi injustement. Nous pouvons les tuer dans notre cœur, ou nous pouvons les sauver. Jésus dira sur la croix, face aux immenses souffrances qu’il endure : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Nous ne pouvons pas être des disciples de Jésus sans pardon. Nous ne pouvons pas imiter Jésus sans prendre conscience de notre origine divine et de notre dignité de filles et de fils de Dieu. Sinon, nous serons les otages de fausses images de nous-mêmes et d’un faux système de salut. Et cela ne fait que nous laisser dans une chaîne interminable de mal que nous avons subi des autres ou que nous faisons aux autres.
En concluant cette médiation, je prie tout simplement : « Seigneur, permets-moi de prendre conscience et d’accueillir mon origine et mon identité filiale. Accorde-moi la grâce de me libérer de toutes les fausses conceptions sur moi-même et sur mon salut. Accorde-moi la grâce de vivre comme un enfant de Dieu bien-aimé et de partager ce don avec les autres. Quand viendra mon heure d’épreuve, donne-moi la lumière et ta grâce, afin que je puisse choisir le chemin de l’amour jusqu’à la fin ».
Halyna Kryshtal – hkryshtal@lepelerin.org

DROIT D’AUTEUR
La méditation peut être partagée à toutes et à tous, en tout ou en partie, mais le nom de l’auteur et l’indication du centre le Pèlerin avec l’adresse du site (www.lepelerin.org) doivent être inscrits, car les droits d’auteur demeurent. Merci de votre compréhension.