Méditation quotidienne du dimanche 28 avril : Le Fils-Vigne (No 224 – série 2023-2024)

Évangile du dimanche 28 avril 5e dimanche de Pâques (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » Jn 15, 1-8

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Méditation

Un Fils-Vigne ou un Fils-Arbre-de-Vie ! En qui toute la vie de Dieu coule et s’écoule jusqu’à nous ! Toute notre vie et tout notre être nous viennent de Lui. Nous sommes son œuvre, ses sarments, mais, de par la nature même du don qu’Il nous fait, nous sommes appelés à porter du fruit ou, dit autrement, à communiquer à d’autres la Vie reçue. Car, en ce Fils-Vigne, la Vie ne peut que circuler, se partager, se communier, s’offrir gratuitement. Elle ne peut conduire qu’à une union fruitive où l’être jouit de son union avec Dieu en le Fils.

Si cette Vie ne déborde pas de nous en grappes juteuses et enivrantes d’Amour, alors nous nous asséchons et sommes enlevés de la vigne, non par punition mais par refus, le nôtre. Ce refus est, follement, de ne pas vouloir appartenir à cette Vigne et de ne pas être au nom du Père par le Fils sous le souffle de l’Esprit, un fils ou une fille-sarment, qui donne de goûter Dieu.

La règle est simple : si le Fils demeure en nous de par la Vie même qu’Il nous partage, Il nous demande simplement notre consentement à demeurer en Lui ou à accepter avec humilité et gratitude de tout recevoir de Lui, car « tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut » (Jn 1, 3). En d’autres mots, si Dieu demeure en nous en pure gratuité d’Amour, Il désire que, par Amour, nous consentions à son demeurer en nous afin que, de cette façon, Il nous donne la grâce de demeurer en Lui.

Comme ce verbe « demeurer » si riche à Jean traduit vraiment cette fruition d’Amour en Dieu, il est normal que, sur cette route progressive d’union à Dieu, cela exige sur le chemin que soit taillé en nous tout ce qui est impur. L’impureté étant ici celle du mal, cette maladie qui se donne des allures de vie sous des couverts de mort.  Ce mal fait pourrir le sarment de l’intérieur, l’évide de lui-même, en lui faisant croire qu’il peut lui-même être la vigne mais sans Fils-vigne et sans Vigneron.

Mais, sans le Père vigneron, le Fils-Vigne et l’Esprit-sève, « nous ne pouvons rien faire ». Et ce « rien faire » ne renvoie pas au mal que nous faisons alors mais à la Vie que nous refusons de donner en cherchant à se s’approprier. Notre seul remède est, comme sarment, enté sur la Vigne, d’entendre en nous tous les jours « la parole qui se dit et ne cesse de se dire ». Car la Vie en la Vigne est « parole » qui nous engendre et nous fait parole. Elle nous donne d’être-parole en cette Parole qui donne la Vie. Plus nous devenons auditeurs et proclamateurs de la Parole, plus notre être devient pur et plus il porte les fruits de l’Unique Parole, du Fils-Vigne, de son Être-Vigne.

Je crois que ce n’est pas par hasard que le vin de la Vigne devient, à l’eucharistie, le sang versé de sa Vie… appelant à l’eucharistie de notre vie dans un « perdre sa vie » qui répand, en toute gratitude, la Vie d’un Autre. Là, en devenant le corps du Christ, nous incorporons la Vigne toute entière dans cette folie où le Fils nous dit : « laissez-moi demeurer en vous pour que vous demeuriez en moi, et que, dans cette fruition d’Amour, vous donniez la Vie à d’autres ».

« Je ne vous le demande pas pour moi d’abord, continuerait-il, mais pour mon Père, car « ce qui fait la gloire de mon Père (est) que vous portiez beaucoup de fruits ». Cette gloire est l’Amour, car l’essence même de la Vie est étreinte amoureuse, dont les fruits sont partagés à toutes et à tous.

En ce cinquième dimanche de Pâques, laissons à Dieu de tailler en nous ce qui nous empêche d’entrer dans cette fruition amoureuse afin que nous participions à enter tous les êtres à la Vigne afin qu’ils connaissent la jouissance d’une telle rencontre !

Stéfan Thériault (stheriault@lepelerin.org)

DROIT D’AUTEUR

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